À chacun son cheval ! Identités nationales et races équines en ex-URSS (à partir des exemples turkmène, kirghize et iakoute)

Type de publication  Journal Article
Auteur(s)  Ferret, C.
Titre de la revue  Cahiers d'Asie centrale
Volume  19-20
Année  2011
Pages  405-458
Résumé  

L’article traite de la manière dont les races de chevaux ont été utilisées pour construire et affirmer une définition essentialiste de l’ètnos dans plusieurs pays de l’ex-URSS. L’hypothèse principale est que l’existence d’une race équine “nationale” peut être considérée comme un critère de définition d’une communauté humaine, en même temps que la langue, le territoire et autres marqueurs culturels. À l’époque soviétique ont été créées de nouvelles races de chevaux, telles que le novokirgiz “nouveau kirghize”, en croisant plusieurs races originaires de différentes régions de l’Union afin de les “améliorer” (i.e. augmenter leur productivité). Il fallait produire un “cheval nouveau” pour un “homme nouveau”. Après la dislocation de l’URSS, plusieurs races équines dont on cherche à retrouver la “pureté” originelle, ont été érigées en emblèmes nationaux. Le cheval turkmène est censé être l’ancêtre de tous les pur-sang. La réinvention du cheval kirghize contribue au développement de l’écotourisme au Kirghizstan. Le cheval iakoute est utilisé comme garant de l’autochtonie des Sakhas. Mais jusqu’où va cette identification entre races équines et identités nationales ? L’article s’ouvre sur une réflexion générale au sujet de la notion d’identité qui clôt le volume.

To each its own horse! National identities and horse breeds in former USSR (with examples from Turkmen, Kirghiz, and Yakut)

This article deals with the different ways horse breeds have been used to build and reaffirm an essentialist definition of ethnos in several countries from the former USSR. The main hypothesis is that the existence of a specific horse breed can be viewed as an additional criterion of a human community, along with language, territory and other cultural markers. During Soviet times, new horse breeds were created, such as the “Novo-Kirghiz” by crossing existing breeds from different parts of the Soviet Union in order to “ameliorate” them (i.e. enhance their productivity). A “new horse” has to be produced for “the new man”. After the dislocation of the USSR, national horse breeds have been promoted as national emblems. Breeders are looking for originally “pure-blood” animals. Turkmen horse is supposed to be the ancestor of all thoroughbreds. The reinvention of the Kirghiz horse contributes to the development of ecotourism in Kyrgyzstan. Yakut horse may reaffirm autochthony for Sakha people. But how far are national identities identified with horse breeds? The article ends with general reflections on the concept of identity.
 

URL  http://asiecentrale.revues.org/index1508.html
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