Colloque international "L'orientalisme des marges. Éclairages à partir de l'Inde et de la Russie", 14-17 mai 2013, Lausanne

International Symposium "Orientalism from the Margins. Perspectives from India and Russia"

Université de Lausanne, 14-17 mai 2013

Organisateurs: Philippe Bornet et Svetlana Gorshenina

Projeté à l’occasion de la réunion des Sections des langues orientales et slaves de l’Université de Lausanne, ce colloque vise à explorer les « marges » de l’orientalisme dénoncé par E. Saïd en plaçant au centre des réflexions des cas de figure qui sont demeurés hors de la critique post-coloniale.

Mettant en parallèle le cas anglo-indien, souvent présenté comme emblématique de l’« orientalisme classique », et le cas russo-soviétique, à la fois objet de l’orientalisme européen – et pour cette raison stigmatisé comme « euro-asiatique » – et producteur d’un discours « orientaliste », cette rencontre vise à décentrer le regard des espaces impériaux franco-britanniques pour le rediriger vers des comparaisons moins traditionnelles, tant à l’égard des histoires respectives des études orientalisantes, que par rapport aux mécanismes de l’orientalisation et des exotisations.

Cette configuration inhabituelle permettra d’analyser la notion de marges sous plusieurs angles, aussi bien géographiques qu’épistémologiques. Le colloque s’intéressera ainsi à des espaces géographiquement marginaux par rapport à l’Europe et à ses colonies, souvent méconnus, et conçus comme essentiellement « passifs » et guidés par des métropoles éloignées. Il visera à comprendre, premièrement, le mécanisme de la création des zones marginales des études post-coloniales et les raisons pour lesquelles ces théories ont été rejetées, omises ou acceptées dans les traditions scientifiques des différents pays. Il se tournera ensuite vers les mécanismes de récupération des savoirs orientalistes par les acteurs locaux, auparavant considérés comme en marge du processus de constitution des savoirs.

Le développement d’un orientalisme indien, ainsi que la réappropriation, voire la subversion, de conceptions « orientalistes » européennes par des acteurs locaux constitue un exemple typique d’« orientalisme des marges » (par exemple dans le cadre de la « renaissance bengalie » du XIXème s.). Un cas similaire nous est présenté par les processus d’impositions culturelles, mais aussi de réappropriations créatives en Asie centrale, dans ses relations souvent contraintes avec la métropole russe.

Cet angle d’approche invite à dépasser le modèle binaire « colonisateur – colonisé », et à se pencher sur le mécanisme de constitution des savoirs en situation coloniale, sur la circulation des idées dans le triangle constitué par l’Inde, la Russie et l’Europe, sur les appropriations locales des savoirs importés et sur les (ré)inventions de traditions hybrides. Ces processus de configuration et de reconfiguration des savoirs (religions, arts, langues, littératures, etc.) occuperont ici une place de choix, car le jeu des regards croisés permet de traduire toute l’ambiguïté des situations qui se sont succédé pendant et après les périodes de domination coloniale.

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2_Programme_Resumes_Marges1New.pdf1.22 Mo401il y a 5 jours 30 min