Soutenance de la thèse de Johanni Curtet "La transmission du höömij, un art du timbre vocal", le 12 novembre 2013

 

Mardi 12 novembre 2013 à 13h30 à l'Université Rennes 2, Johanni Curtet soutiendra sa thèse de musicologie intitulée "La transmission du höömij, un art du timbre vocal: ethnomusicologie et histoire du chant diphonique mongol".

Lieu, accès: Salle des Thèses, bâtiment La Présidence (7e étage), Campus Villejean, Place du Recteur Henri Le Moal, Rennes. Métro: arrêt université Rennes 2. La soutenance, publique, sera suivie d'un pot.

Le jury sera composé de:
Hervé Lacombe (Professeur, Université Rennes 2) / directeur de thèse
Alain Desjacques (Maître de conférences, Université Lille 3) / directeur de thèse
Susanne Fürniss (Directrice de recherche CNRS, UMR 7206, MNHN)
Luc Charles-Dominique (Professeur, Université Nice-Sophia-Antipolis)
Sabine Trebinjac (Chargée de recherche CNRS, UMR 7186 LESC, Université Paris-Ouest-Nanterre-La Défense)
Jacques Legrand (Professeur, INALCO)

Résumé:
La transmission du höömij, un art du timbre vocal : ethnomusicologie et histoire du chant diphonique mongol
Cette thèse est une étude ethnomusicologique à dimension historique portant sur la transmission globale du höömij en Mongolie. Pour expliquer l’évolution de cette technique vocale, sont explorés les légendes, les conceptions autochtones, l’histoire des années 1950 au début des années 2010 et la mise en patrimoine pour l’avenir.
La première partie montre comment le chant diphonique prend forme dans sa culture. Perçu comme un art du timbre par ses détenteurs, il entretient des relations avec la nature, ainsi qu’un ensemble de techniques vocales et instrumentales issues des contextes rituel et pastoral.
Ces fondements du höömij sont ensuite examinés à la lumière de l’histoire de la Mongolie. Entre les périodes soviétique et contemporaine, la deuxième partie brosse les changements survenus dans la pratique, entre la scène et l’enregistrement. À côté de l’usage rural, se développe une nouvelle forme professionnelle. Tous ces apports ont façonné le chant diphonique mongol dans son état actuel.
La troisième partie étudie la transmission à travers l’enseignement et la patrimonialisation. Les maîtres évoluent entre deux pôles : un village de l’Altaï perçu comme le lieu des origines, et une université d’Ulaanbaatar, qui académise la pratique et diffuse son modèle au niveau national. Tout cela participe au processus de patrimonialisation du höömij, de sa constitution en emblème musical sous la période soviétique à son inscription sur la liste du Patrimoine Culturel Immatériel de l’Unesco. Le höömij mongol apparaît dans toute sa contemporanéité.
Mots clés : chant diphonique, höömij, Mongolie, ethnomusicologie, histoire, transmission, timbre, musique mongole, spectacularisation, patrimonialisation, enregistrement, discographie, enseignement, technique vocale.

Abstract:
The transmission of höömij, an art of vocal timbre : the ethnomusicology and history of mongolian overtone singing
This thesis is an ethnomusicological study on the global transmission of höömij in Mongolia with a historic dimension. In order to explain the evolution of this vocal technique, this dissertation links the legends, the native conceptions, the history from the 1950’s to the begining of the 2010’s and the patrimonialization for the future.
The first part shows how höömij takes place in its culture. Perceived as an art of timbre by its bearers, it maintains relations with nature and a set of vocal and instrumental techniques that derive from ritual and pastoral contexts.
These foundations of höömij are then investigated in light of Mongolia’s history. Examinging both Soviet and contemporary times, the second part looks into the changes that occured in relation to the stage and recordings. Alongside höömij’s rural function, a newer professional form developed, which has primarily shaped contemporary performance.
The third part studies transmission as teaching and patrimonialization. Masters evolve between two poles : a village in the Altai perceived as the very place of origins, and a university in Ulaanbaatar, which academicizes the practice and spread its model to the whole nation. All of this contributes to höömij’s patrimonialization process, from the building of a musical emblem under Soviet times, to its registration on Unesco’s Intangible Cultural Heritage list. Mongolian höömij appears in its whole contemporaneity.
Keywords : overtone singing, höömij, Mongolia, ethnomusicology, history, transmission, timbre, mongolian music, spectacularization, patrimonialization, recording, discography, teaching, vocal technique.