Call for papers : "The fine art of lying"/ "L’art fin du mensonge en Asie centrale et septentrionale", EMSCAT

Call for papers

Special issue of EMSCAT (Études Mongoles et Sibériennes, Centrasiatiques et Tibétaines) on “The fine art of lying”. Due on in the beginning of 2015.

Editors

Laurent Legrain (Fond national de la recherche scientifique, Belgique) : Laurent.Legrain@ulb.ac.be
Paula Haas (Universität Bonn, Germany) : phaas@uni-bonn.de

The fine art of lying

The endemic presence of a feeling of mistrust which suffuses relations of communication has recently drawn the interest of several researchers working on Mongolia, Northern China and throughout Siberia. It has been argued that people living in these areas interpret all communications on the premise that their interlocutors are telling lies – in whole or in part, deliberately or by omission, with the intention of causing harm, simply to entertain their audience or in an attempt to handle unbalanced relationships with the outside world. Recent monographs thus contain several accounts of acts of lying. However, these explorations of lying have usually been used to support broader arguments and were less concerned with analysing why and how people lie in the first place. Yet, it must be acknowledged that the act of lying has a deep impact on the making of the collective as well as on the way people relate to each other. By asking a set of unifying questions, this issue seeks to provide a place for discussion to researchers whose concerns include the exploration of the impacts that lying has on social life.

In specific we aim at exploring the following questions:
Do mainstream moral ideologies in these areas condemn the act of lying? Or rather, how and why is lying sometimes freed of any moral implications? Are there types of lies that are considered to be good and other types that are considered to be bad? To which extent and in what ways can various forms of lies be considered to be a product of daily life under socialist regimes? If we are to understand the presence of lies as a by-product of the socialist engineering of society, what are the reasons for the endurance of these forms since the demise of the socialist states in Russia and Mongolia? How do children learn to lie or even how to become unmitigated liars? Are deception, fraud and misleading only individual or rather collective endeavours? How do acts of lying relate to forms of specialized knowledge and know-how, such as the ones mastered by shamans, bards and healers? Could the analysis of the art of lying reveal something about personhood as well as about the ontologies of some entities such as spirits, ghosts and masters?

These questions echo with those asked in two recent publications about lies. However, the proposed issue differs in two fundamental ways. Firstly, contrary to the orientation chosen by the contributors of a recent issue of Terrain, we are not going to consider the act of lying as an impressive cognitive ability. Besides, we are not going to focus on the development of this ability during childhood although our concern about the process of learning how to lie efficiently or even beautifully might overlap with cognitive approaches. Secondly, the issue is not concerned with the study of historic manipulations that have been made in order to legitimate a political power, two topics that a forthcoming issue of the Journal Asiatique has recently dealt with. The aim of this proposed special issue is rather to focus on the daily occurrences of lies in this particular geographical area, while offering a comparative perspective through a discussion of the literature on lying in other cultural settings.

What to send

A 250 words proposal should be submitted simultaneously to both organizers by Friday 28th of February 2014. We will let you know whether your proposal has been accepted by the end of March. A workshop will take place in mid-May 2014 in Brussel (Université Libre de Bruxelles, Laboratoire d’anthropologie des mondes contemporains) and the final paper should be submitted by Monday, the 1st of September 2014.

Appel à contributions pour la revue Études mongoles et sibériennes, centrasiatiques et tibétaines : « L’art fin du mensonge en Asie centrale et septentrionale ».

Coordinateurs du numéro : Laurent Legrain (Université de Bruxelles) et Paula Haas (Université de Bonn).
Laurent.Legrain@ulb.ac.be
phaas@uni-bonn.de

La présence latente d'un sentiment de suspicion qui parasite la relation d'interlocution a frappé de nombreux chercheurs travaillant en Mongolie, en Sibérie ou dans le nord de la Chine. Tout se passe souvent comme si les prémisses pragmatiques qui orientent l'interprétation d'une relation communicative posent a priori un interlocuteur dissimulant la vérité, en tout ou en partie, délibérément ou par omission, avec l'intention de nuire ou même de divertir. Nombreuses sont par conséquent les descriptions de formes du mentir qui apparaissent ici et là dans les monographies récentes bien que jusqu'à présent ces descriptions, apartés dans des développements plus larges, ont été peu analysées. Or, il faut reconnaître que l'art de mentir influence parfois profondément les voies empruntées pour « faire société ». En posant un ensemble de questions fédératrices, ce numéro vise à fournir un espace d'élaboration aux chercheurs soucieux d'explorer les impacts du mensonge sur la vie sociale.

Le mensonge est-il condamné par les idéologies morales dominantes dans cette région ou est-il au contraire délesté de toutes charges morales ? Existent-ils de bonnes et de mauvaises formes du mentir ? Dans quelles mesures et par quelles voies ces diverses formes ont-elles été produites par les expériences de vie en régime socialiste ? Et si c'est bien le cas, comment ces formes se perpétuent-elles aujourd'hui, vingt ans après le délitement du bloc soviétique ? Comment apprend-on à mentir ou même à devenir un fieffé menteur et pourquoi ? La tromperie mensongère ou toutes autres formes de mensonges sont-elles des actes individuels ou collectifs ? Quels rapports entretient le mensonge avec les savoir-faire et savoirs spécialisés comme ceux des chamanes, des bardes ou des guérisseurs ? L'analyse du mensonge est-elle à même de nous révéler de nouveaux éléments concernant les conceptions de la personne ou l'ontologie de certains êtres comme les esprits ou les fantômes ?

Ces questions font écho à celles posées dans deux publications récentes sur le mensonge tout en prenant une orientation différente et complémentaire. Il ne sera pas ici question d'analyser l'exploit cognitif que constitue l’acte de mentir ou encore d’étudier l'éveil du mensonge chez l'enfant comme l'a proposé la revue Terrain dans son numéro de septembre 2011 et ce, même si les questions relatives à la socialisation du mensonge peuvent recouper certains des points qui y sont développés. Il ne sera pas non plus question d'étudier les manipulations inhérentes à la légitimation d'un pouvoir politique, thème qui structure une publication à paraître du Journal asiatique. Le numéro proposé ici explorera le quotidien du mensonge dans l'aire culturelle dont traite la revue EMSCAT tout en ouvrant le champ comparatif grâce aux contributions de chercheurs travaillant sous d'autres cieux.

Programme

Un résumé d’une longueur de 250 mots en français ou en anglais doit être envoyé par mail aux deux éditeurs de ce numéro pour le vendredi 28 février 2014. Les auteurs retenus seront contactés avant la fin du mois de mars. Une journée d’étude sera organisée à la mi-mai 2014 à Bruxelles (au laboratoire d’anthropologie des mondes contemporains de l’Université libre de Bruxelles). Les articles devront être soumis pour le premier septembre 2014.