Le barde, le voyant et les savdag

Source: 
Togtuur, né dans les années 1940. Recueilli à Chigaachin (Uvs, Mongolie)
Année de collecte: 
2004
Texte: 

Il y avait deux chasseurs par qui le gibier ne se laissait pas tuer. Alors l’un des chasseurs fait des souhaits et loue les savdag. C’est une personne comme ça. Il loue les savdag, il loue et fait des souhaits pour tous les savdag de l’Altai et il dit aussi une épopée. C’est ainsi. Voilà ce qu’il dit. L’autre chasseur voit des choses de ses yeux.
Il y a donc un grand nombre de savdag qui viennent et se mettent sur les genoux de l’homme (qui les loue) et ils sont là ils se mettent partout, il n’y a plus une place. Un savdag âgé arrive alors, il va pour s’asseoir sur le nez de l’homme, mais il glisse et il tombe.
Alors l’autre homme (celui qui voit des choses de ses yeux), il rigole n’est-ce pas ? Celui qui était assis à côté de lui. Alors [celui qui louait les savdag] dit :
- Tu te moques de moi ? Eh bien partons ! » et il cesse ses souhaits aux savdag.
Alors [les savdag] disent au [vieux qui a glissé] :
- Alors toi… C’est à cause de toi ! Pour quelle raison obscure fallait-il que tu [montes] là-haut ? Tu donneras ton seul cervidé noir [pour la peine] ! » lui disent les savdag en se fâchant.
Et donc il a donné son seul cervidé noir, et celui-ci s’est fait abattre par les deux chasseurs. C’est pourquoi il faut réjouir ainsi les savdag. Moi je ne sais pas dire les souhaits et je ne suis pas barde, mais je les écoutes (rires) !

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